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Illustration: Pepita, récit de la Pampa - Théodore Pavie

Pepita, récit de la Pampa

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Lu par Sabine
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Musique : Sneaky Snitch : http://incompetech.com/music/royalty-free/

Illustration d'après https://pixabay.com/ Domaine public


Théodore Pavie (1811-1896)

Orientaliste. - Voyageur. - Professeur de langue et littérature sanscrites au Collège de France. - Enseigna les littératures orientales à la Faculté catholique d'Angers. - Prénoms complets : Théodore, Marie

 

Pepita, récit de la pampa

Partis depuis sept jours de Buenos-Ayres, nous avions traversé la province de ce nom, l'une des plus étendues de la confédération du Rio de la Plata, et celle de Santa-Fé : nous espérions arriver le lendemain soir à Cordova. Aux plaines interminables qui avaient si long-temps fatigué nos regards succédait un pays plus riant, coupé de frais ruisseaux et couvert en maints endroits d'une belle végétation. D'abord de chétifs caroubiers aux rameaux épineux, chargés de vieux nids de perroquets, s'étaient montrés à nos regards; bientôt, les saules plantés par la nature au bord des eaux se mêlant à d'autres arbres plus vigoureux, les buissons épineux s'épaississant de plus en plus, nous avions fini par nous trouver en pleine forêt. Nos chevaux trottaient vivement sur un sol léger et sablonneux; les oiseaux chantaient. Il s'en fallait bien de deux heures que le soleil ne fût couché, et une lieue à peine nous séparait de la maison de poste où nous devions relayer. Cette maison était située au carrefour (esquina) où viennent aboutir les deux grandes routes qui relient l'Océan Pacifique à l'Atlantique : l'une, celle du nord, qui conduit en Bolivie et au Pérou par Tucuman et Salta; l'autre, celle du sud-ouest, qui mène au Chili en passant par San-Luis et Mendoza. Un jour, il faut l'espérer, une ville se bâtira au point de jonction de ces deux voies de communication si importantes; toujours est-il qu'à l'époque où je m'y arrêtai, on n'y voyait d'autre habitation que la maison de poste.  Nous comptions mettre à profit le reste de la journée et pousser au-delà de la esquina; mais un habitant de Cordova qui voyageait avec nous voulait à toute force nous faire passer la nuit à la maison de poste. C'était un jeune homme fort gai, bon compagnon, trop bien élevé pour partager la haine aveugle que la plupart de ses compatriotes ont vouée aux étrangers. « Croyez-moi, disait-il, reposons-nous ce soir à la esquina; nous y trouverons des visages plus avenans que dans la pampa de Santa-Fé; cette poste est tenue par une veuve, doña Ventura, qui accommode divinement les oeufs aux tomates, et je veux que vous entendiez chanter sa fille Pepa ! » Il nous restait une longue route à faire, — trois cents lieues sans compter le passage des Andes, — avant d'arriver à Santiago du Chili, et la saison s'avançait. Cependant, pour ne pas désobliger notre ami, nous nous rendîmes à ses désirs. Nos péons, joyeux d'approcher de la halte, se penchèrent, en poussant de grands cris, sur le cou des chevaux qu'ils éperonnaient sans pitié; les chiens répondirent à ce vacarme par des aboiemens forcenés, et bientôt nous nous arrêtâmes devant la maison de posté.

Un vieux gaucho, qui faisait l'office d'intendant, vint nous recevoir. Tandis qu'on dételait, un jeune garçon de douze à treize ans, beau comme un berger de Murillo, et qui lançait des pierres aux pigeons sauvages perchés sur les figuiers, remit sa fronde en sautoir et courut au logis en criant : « Mère, mère, voici don Mateo avec des seigneurs étrangers. »

Don Mateo, — c'était notre ami le Cordoves, — alla donner ses ordres pour le dîner et prévenir la duègne que nous n'avions besoin de chevaux que pour le lendemain. Chacun de nous rangea ses couvertures sur l'estrade qui régnait autour de la salle destinée aux voyageurs. Cet appartement, assez propre et très vaste, n'avait d'autres meubles qu'une petite lampe allumée devant l'image d'une madone et une guitare accrochée à un clou. Au moment du repas, doña Ventura fit apporter d'immenses fauteuils de cuir à clous dorés, évidemment fabriqués à Grenade du temps des rois catholiques. Des cholas [1] fort éveillées, qui ne disaient rien, mais regardaient beaucoup, dressèrent la table; elles y placèrent les huevos revueltos con tomatas [2] à côté de grands saladiers dans lesquels nageaient, au milieu d'une sauce abondante, de gros morceaux de viande rôtie. Le piment n'avait point été ménagé; ce condiment un peu vif nous fit trouver meilleur le bouillon qu'on nous apporta, selon l'usage, à la fin du repas. La duègne, assise sur l'estrade, triomphait de notre excellent appétit, et se rengorgeait fièrement chaque fois que l'un de nous lui adressait un compliment plus  ou moins exagéré sur l'excellence de son dîner. Pepa se tenait près d'elle; c'était une belle fille au teint blanc et frais, presque blonde. Elle fumait nonchalamment une cigarette en promenant autour d'elle ses grands yeux bleus ombragés de longs cils. Juancito, le petit garçon à la fronde, tournait autour de la table, se roulait sur nos couvertures, et goûtait sans façon dans nos verres le vin de Bordeaux que nous y versions. Quand on eut desservi, Mateo alla décrocher la guitare : « Señorita, dit-il à Pepa en la lui présentant, voici des seigneurs cavaliers qui seraient charmés de vous entendre; de grâce, un petit romance, et ils vous tiendront pour la plus aimable fille — por la mas preciosa niña — de la province. »

Nous allions joindre nos humbles exhortations à celles de don Mateo; mais la jeune fille avait déjà accordé l'instrument. Sans se faire prier davantage, sans tousser, sans se plaindre d'être enrhumée, elle chanta une demi-douzaine de chansons démesurément longues. A chaque couplet, Mateo battait des mains, et en vérité Pepa possédait une voix charmante qu'elle ne conduisait pas trop mal. Sa physionomie s'animait par degrés; elle s'arrêtait de temps à autre en criant : « Ay, Jésus? je suis morte! » et recommençait de plus belle. La duègne avait fini par faire chorus avec sa fille. A chaque refrain, nous frappions sur la table avec la paume de nos mains, et Mateo, imitant les castagnettes avec ses doigts, dansait comme un fou au milieu de la salle.

Par malheur le vieil intendant vint interrompre cette fête. Il se pencha à l'oreille de la veuve, et lui dit qu'on voyait arriver par la route du nord une troupe de chariots. — Crois-tu, Torribio, répondit- elle, que ce soient les gens de Salta?

— Qui sait? reprit le gaucho. Il y a trois semaines que le courrier, en passant par ici, m'a assuré que le convoi de Gil Perez était parti, et, s'il ne lui est rien arrivé en route, je ne voudrais pas parier qu'il ne fut ici ce soir.

— Allons, Pepita, dit la duègne, voilà notre ami Perez qui t'apporte quelque beau présent. Va faire ta toilette, niña, et n'oublie pas le beau peigne d'écaille qu'il t'a donné à son dernier voyage... Messieurs, ajouta-t-elle en se tournant vers nous, je vous quitte un instant, mais j'espère vous présenter bientôt un hôte de distinction.

— Au diable Perez et les gens de Salta! dit tout bas Mateo quand Pepa se fut retirée, et nous sortîmes pour voir arriver les chariots.

 

Le texte entier est ici:
Source: https://fr.wikisource.org/wiki/Pepita,_r%C3%A9cit_de_la_Pampa

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