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LES ARENES D'OOBIOCHE (CHAPITRE3-B)

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Adaptation audio d'un roman fanique d'André Borie se déroulant dans l'univers de Perry Rhodan.
Deuxième aventure de Masas PAVEL (vous trouverez la première ici). "Masas PAVEL et ses frères sont chargés par Atlan de voler au secours d'un peuple d'ursidés. C'est plus tard que les choses virent vraiment mal!"
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Musiques de Christian Martin / NewPort Orchestra




Texte ou Biographie de l'auteur

LES ARÈNES D'OOBIOCHE
Un Fan-Roman de l'Univers de Perry Rhodan
André BORIE (08/2002)



CHAPITRE III
Section B

L'impression de monter et de descendre, de remonter puis de redescendre au sein d'un liquide visqueux, d'abord lentement et progressivement de plus en plus vite. Ajoutez à cela un millier de diablotins occupés à manier des pioches et des marteaux sous son crâne. Masas avait déjà connu des réveils plus agréables !
Pendant quelques secondes, elle garda les yeux fermés, persuadée que la moindre clarté ne pourrait qu'aviver ses douleurs et ses nausées.
Elle se décida quand même à entrouvrir un œil, aussitôt agressé par une lumière vive. Elle le referma, et dans l'obscurité de ses paupières closes, elle se mit à réfléchir. Ce qui déclencha un surcroît d'activité de la part de ses diablotins ! Elle grimaça, se força à respirer longuement et profondément, et ces mouvements de relaxation s'avérèrent aussitôt bénéfiques. Son mal de tête eut tendance à diminuer pour finir par devenir tout à fait supportable. Elle commença alors par se voter une volée de bois vert pour ne pas avoir été capable de s'apercevoir avec suffisamment de discernement que Roumlah ne se trouvait pas dans son état normal lors de sa première apparition au poste de commandement. Elle s'était contentée superficiellement d'en déduire que cela provenait de son sommeil biologique contrarié par les drogues. À sa décharge toutefois, le principe générant l'hibernation pour des êtres autres que des animaux lui était tout à fait étranger.
Avec lourdeur, elle tenta de se redresser, parvint à s'asseoir et se prit la tête entre les mains. Puis, avec précaution, elle ouvrit les yeux à l'abri de ses deux paumes, qu'elle écarta au fur et à mesure que sa vue s'habituait à la luminosité ambiante.
Elle jeta un coup d'œil au sol sur lequel elle était assise, du plastométal gris clair. Instantanément, elle sut où elle se trouvait : dans une des cellules du pont inférieur du Pierre-le-Grand !
– Alors petite, tu te réveilles ?
Levant la tête, elle aperçut Melbar Kasom à quelques mètres d'elle. Le colosse étrusien portait des menottes aux poignets et aux chevilles, et une chaîne passée autour de sa taille était fixée au mur. Visiblement, on se méfiait de la force du géant ! Ryk, le colonel Ternet, et le sergent Lamarre étaient les autres occupants de la cellule. Mais ils gisaient inconscients, toujours sous l'effet du flux paralysant.
– Comment te sens-tu ?
– Comme une pauvre cloche qui s'est fait bêtement surprendre par un Delhiant devenu subitement fou !
– Non, détrompe-toi, il n'est pas devenu fou. Tout ce qu'il a effectué a été parfaitement réfléchi.
– Ah bon ?
– Oui, il a bien pris soin de se charger de moi en premier, sans doute car il n'était pas sûr de réussir à m'éliminer s'il devait s'occuper de plusieurs personnes en même temps . Il m'a trouvé dans la cabine de Ryk où nous nous mesurions aux échecs. J'ai naïvement cru qu'il venait pour une visite amicale, et il m'a pris complètement par surprise. Ton frère était malheureusement pour lui dans la ligne de mire, et je crains qu'il ne reste encore inconscient un bon moment, car Roumlah avait mis son radiant-choc à l'intensité maximum pour être sûr de ne pas me rater ! Toi, par contre, tu as dû bénéficier d'un traitement de faveur, car tu n'es pas restée trop longtemps dans le cirage ! Il a été moins tendre avec tes compagnons !
– J'ignorais même qu'il savait se servir avec autant d'habileté d'un radiant !
– Encore un de ses talents cachés ! rétorqua-t-il avec un peu d'amertume dans la voix.
Masas se mit à genoux et tenta de se lever. Les diablotins reprirent aussitôt leur sarabande, et elle se contenta de se déplacer lentement à quatre pattes pour se rapprocher de Ryk. Les yeux du cadet des Pavel étaient clos, mais il respirait normalement, ce qui la rassura.
Progressant toujours de la même façon, elle entreprit de rejoindre Kasom. Quand elle fut à sa portée, il l'aida à se redresser et elle s'appuya contre sa vaste poitrine, en attendant de recouvrer quelques forces. Son corps athlétique n'eut besoin que d'une ou deux minutes d'abandon pour retrouver une partie de son tonus. Avec une petite tape amicale dans le dos de son ami, elle quitta l'abri de ses bras et pivota sur elle-même pour observer leur prison.
– Comment trouves-tu notre palace ?
Elle contempla leur environnement, une chambre carrée de six mètres de côté, notant la table et les dix chaises disposées dans un des coins de la vaste pièce, les cinq rangées de deux lits superposés et la porte donnant sur une salle d'eau et sur les équipements sanitaires. Une armoire-vestiaire et une petite bibliothèque, comprenant des microfilms et des revues, complétaient le mobilier de leur nouveau lieu de séjour.
– J'ai déjà connu mieux ! Et le bar brille par son absence ! plaisanta-t-elle, son caractère optimiste commençant à reprendre le dessus.
Elle fit quelques pas, de plus en plus assurés. Puis elle effectua plusieurs mouvements d'assouplissement afin de décontracter ses muscles tétanisés par le flux paralysant. Satisfaite de se sentir à nouveau elle-même, elle alla se pencher sur les trois hommes toujours sans connaissance. Le sergent Lamarre commençait à sortir de sa torpeur, et elle entreprit des massages au niveau de la nuque qui le remirent sur pied au bout de quelques minutes.
– ça va ?
– J'ai l'impression que mon crâne va éclater, autrement, ça va !
Puis, réalisant soudain l'étrangeté de la situation, il s'écria :
– Mais, qu'est-ce qui s'est passé ?
– Nous avons été paralysés par Roumlah et nous sommes vraisemblablement prisonniers des pirates !
Le responsable des transmissions du Pierre-le-Grand s'exclama d'un air incrédule :
– Ce n'est pas possible !
– Si vous trouvez une autre explication à notre présence dans cette cellule, je suis preneur ! ironisa Kasom de sa voix de stentor.
Le malheureux secoua la tête d'un air accablé.
– Mais, tout l'équipage est entre leurs mains ?
– ça, je l'ignore. À part vous quatre, je n'ai vu personne depuis mon réveil. Je suppose que nous n'allons cependant pas tarder à voir quelqu'un, ne serait-ce que pour nous nourrir, car je me sens un appétit à dévorer un bœuf tout entier !
– Ce n'est pas nouveau ! Et je ne pense pas que le flux paralysant soit pour quelque chose dans ta faim ! se moqua la jeune femme.
Un rire énorme s'échappa des lèvres de l'Étrusien :
– Je crois que tu as raison et que tu me connais bien !
Le sergent contempla alternativement Masas et Melbar qui riaient de bon cœur, l'air interloqué : comment pouvait-on plaisanter dans des circonstances pareilles ?
La Carsacienne le regarda, vit son visage où se lisait l'incompréhension la plus totale, et redoubla de rire, accompagnée par le géant.
– Non, rassurez-vous, nous sommes tout à fait conscients de la position délicate qui est la nôtre ! Mais il faut savoir parfois décompresser, et si un bon rire ne remplacera jamais un énorme steak pour Kasom, il permet toutefois de dédramatiser la situation !
– Je vois ! dit-il d'un ton peu convaincu.
– Bon, venez me donner un coup de main pour porter le colonel et Ryk sur une couchette.
Lorsque les deux hommes, toujours inconscients, furent allongés un peu plus confortablement que sur le plancher de leur prison, Masas s'approcha de son ami étrusien et inspecta les liens métalliques qui l'entravaient.
– Il n'y a pas grand chose à espérer. Comme tu peux le constater, il n'y a pas de serrure : ils ont soudé les bracelets autour de mes poignets et de mes chevilles. Idem pour la chaîne qui est fixée autour de ma taille, et l'anneau dans le mur résisterait à la traction d'un éléphant !
– As-tu essayé de briser les maillons qui relient les menottes ?
– Elles sont en terkonite, alors inutile de m'escrimer, grommela-t-il, dépité de voir pour une fois sa force énorme tenue en échec.


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