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Illustration: Pressions sociales - Raymond Beltran
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Pressions sociales

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Pressions socialesLa société fait pression sur les individus pour les garder soumis à la croyance admise par l'ensemble. Les religions ont toujours exercé des pressions sur les croyants. Pendant longtemps cela a été aussi vrai pour soumettre les non-croyants.

Il y a la pression de la mode, celle des usages et celle du marketing publicitaire qui cultive et encourage le désir d'acquisitions de chacun, mais reste forte, surtout, la pression religieuse.
Nous avons oublié l'affaire du Chevalier de la Barre, les intolérances à l'égard des protestants avant et après l'Edit de Nantes, Edit de tolérance. Cela provoqua la réaction de Voltaire, l'attirance des élites françaises du 18è siècle envers l'Angleterre, moins intolérante, plus ouverte aux autres et alors modèle de démocratie.
Nous avons oublié tout ce passé parce que nous avons avancé depuis dans le chemin de la laïcité et que la société, en France et ailleurs, s'est ouverte à la liberté de pensée et d'opinion. Est-ce que les pressions religieuses ont pour autant disparu à présent ?...
Tandis que notre société s'est sécularisée fortement au 20è siècle et qu'elle s'est, en même temps, fortement métissée, le sentiment d'unité a été mis à mal. La volonté d'intégration a été mise en cause.
La société civile, exerce toujours une pression, celle de l'usage sur les mœurs, quoiqu'on ne courre plus maintenant de risque vital en affichant une originalité qui déroute. On ne peut pas ignorer cependant l'existence du « qu'en dira-t-on » qui peut isoler et condamner, surtout en milieu rural, chaque fois qu'on n'est pas noyé dans une démographie importante et très diversifiée.
Le vêtement est la partie la plus apparente de l'individu et l'entraînement de la mode est cause de dictature consensuelle. C'est une pression acceptée même si elle est ridicule et même si on la maudit car personne ne tient à se démarquer de son environnement.
Mais il y a des modes de démarcation, d'appartenance à un milieu et d'opposition à d'autres. Est-ce un retour au temps où selon sa condition sociale chacun s'habillait de manière particulière ?... Ce sont des affichages de microsociétés qui veulent se rendre visibles par leur différence. C'est le cas de certains croyants qui veulent afficher ostensiblement leur croyance.
A la place du sentiment d'appartenance à une classe sociale, à un prolétariat ou à un lumpenprolétariat, que le marxisme du 19è siècle nous avait apporté, est apparu le sentiment d'appartenir à un quartier ghetto se manifestant par un langage et des vêtements. Ce qui était marginal par rapport à une société globale est devenu mode.
Si tout le monde n'est pas en situation d'échec dans ces quartiers, l'on s'accorde pour constater que nombreux sont ceux en difficulté. La concentration importante là de populations allogènes immigrées, la vie marginale créée par l'importance du chômage, celui des jeunes, les conditions de vie avec grande dépendance de l'assistanat et la vie dans des logements parfois délabrés, tout cela a contribué à donner un sentiment d'abandon et d'isolement aux habitants de ces quartiers, avec émergence de leaders et imposition d'omerta.
Ces leaders ont réagi alors contre la société dans son ensemble, et il s'est crée en parallèle toutes sortes de pressions sur les autres habitants du quartier. Dans ce contexte que je veux considérer objectivement et dont il appartient aux sociologues et aux politiques de trouver une issue favorable à l'unité nationale et aux habitants, les religieux radicaux font pression sur les religieux modérés. Ils imposent des tenues vestimentaires qui font encore accentuer la différenciation entre eux et les autres.
Le tchador iranien a fini par être imposé, dénommé maintenant « foulard islamique », à de nombreuses femmes musulmanes. Même si elles n'y tiennent pas… même s'il n'était pas employé dans leur pays d'origine… la pression du voisinage, le qu'en dira-t-on sont plus puissants qu'une fatwa religieuse pour obtenir son port devenu habituel. Les intégristes l'ont emporté sur les modérées par la seule pression sociale. Par peur des commérages les modérés plient et les fanatiques s'imposent.
Ainsi le niqab et la burqa, qui ne correspondent pas à l'islam d'Afrique ni à celui de Turquie, mais qui se rattachent aux coutumes préislamiques d'Afghanistan et du Pakistan ou d'Arabie, sont apparus chez de nouvelles converties et chez celles qui veulent montrer plus de rigueur que les musulmanes sincères et sans fanatisme. De la même manière que le foulard est devenu courant, la pression sociale et celle des paraboles imposeront le niqab dans les quartiers à dominante musulmane si rien ne vient décourager cette pression du voisinage.
Ce ne sera pas une simple différentiation de la femme musulmane par rapport aux autres qui apparaîtraient ainsi comme mécréantes. Il s'agira là de l'occultation de la femme : on la soustrait de la société pour la réserver au seul usage domestique.
Sa présence fantasmagorique dans les rues n'est cependant pas anodine. Elle est destinée à être témoignage que l'on peut imposer cet habillement contre une société occidentale qui ne peut pas s'y opposer. Cette présence est une manière de faire pression aussi sur les autres qui ne s'habillent pas encore ainsi. Ce vêtement finira par s'imposer s'il n'y a pas de coup d'arrêt aux provocations.
Ces femmes qui cachent leurs mains sous des gants noirs, dont rien ne doit rester visible, ne doivent pas toucher à d'autres, en dehors de leurs familles, même en leur disant bonjour, car ils sont impurs. Elles n'ont pas le droit de sortir seules dans certains pays soumis à l'intégrisme qu'ils voudraient instaurer chez nous.
Nous ne sommes pas dans les choix religieux : les autorités islamiques le disent (les étudiantes de El Azahar au Caire se sont vues interdire de porter le niqab dans l'enceinte de cette université religieuse). Nous sommes sous le coup de force de la provocation et de la tension voulue. Cela se passe sous le regard qui se veut neutre des modérés et des citoyens, qui, partisans aveugles de la liberté, ne comprennent pas les manipulations dont ils sont victimes. Au nom de la liberté on est en train de faire l'affaire des ennemis de la liberté.
La dialectique joue ici encore. Sous prétexte de volonté de ne pas restreindre la liberté individuelle, on accepte séparation, lois particulières, exceptions légales et instauration d'entraves entre citoyens. Au prétexte de difficultés d'intégration on dresse des barrières encore plus fortes afin de rendre impossible tout rapprochement en formalisant des ghettos plus forts.
S'il n'y avait que la prétention d'être libre de s'habiller comme on l'entend pour des motifs personnels ou religieux peu importe, qu'aurions-nous à dire ?... Le problème est que les femmes concernées, dans des cercles particuliers, font des choix qui ne sont pas qu'individuels. Les pressions du quartier, de la famille, du cercle religieux, des prédications des imams sur les paraboles orientales, des tabliqs ou des salafistes, sont déterminantes.
J'ai souvenir d'expéditions punitives contre les Tunisiens qui ne respectaient pas le ramadan et qui allaient au restaurant à Sfax, des Marocains à Marrakech, il y déjà plus de 20 ans… Je rappellerai les fatwas contre ceux considérés comme apostats, avec appel au meurtre… Je rappellerai la prétention des religions à vouloir s'imposer à tous, ne sachant pas se limiter à proposer leurs prescriptions à l'acceptation volontaire de leurs adeptes… Il n'y a pas que les musulmans intégristes qui en soient là !...
Je dirai que salafistes, tabliqs ou autres n'ont aucune obligation religieuse de s'habiller sur un modèle exotique pour pratiquer librement leur religion, mais que leurs barbes et habits orientaux contribuent surtout à leur démarcation. Leur action n'a pas pour but de rapprocher les citoyens pour qu'ils vivent ensemble, mais de les séparer… Leurs habits masculins ne semblent cependant pas aussi contraignants que ceux qu'ils prétendent que leurs femmes choisissent !...
Cela finit par dresser les catégories entre elles. Les minoritaires espèrent un jour pouvoir imposer leur mode de vie. En face, se crée en sens contraire une réaction xénophobe, d'autant plus forte que les provocations semblent plus inadmissibles. Parler d'islamophobie est manière de refuser de distinguer ce qui est la cause de ce qui en est l'effet.
Terminons par un rappel de l'actualité. Une banale contravention pour conduite gênée. Cela arrive aussi quand on garde le téléphone à l'oreille en conduisant. La conductrice portait le niqab. Cela en serait resté là si… le mari (ou peut-être l'amant) n'avait pas convoqué une conférence de presse pour protester de ce geste « d'islamophobie. »
Réactions politiques, questions sur la situation conjugale, etc. …commentaires sur les réactions… on a fini par accuser le gouvernement d'avoir provoqué l'événement et l'on justifie le mari-amant se vantant de ses maîtresses !... Il a réussi sa provocation et mis à mal les sentiments de justice des manipulés tombés dans le piège… avec une touche de Tariq Ramadan, de nationalité suisse, qui s'interroge sur les valeurs françaises qui auraient été mises à mal ici !...
Est-ce risible ou bien ne se rend-on pas compte qu'on donne le sentiment à beaucoup que l'on se moque d'eux dans cette soi-disant défense de la liberté de se détruire en tant que citoyen ?... Ne se rend-on pas compte que les réactions xénophobes sont aussi construites par le laxisme irresponsable de ceux qui cèdent devant les manipulateurs qui veulent nous culpabiliser.Raymond BELTRAN
Le 02 mai 2010

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