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Illustration: Avatars des identités multiples - Raymond Beltran
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Avatars des identités multiples

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Avatars des identités multiplesLe nationalisme peut dériver vers des extrêmes. A nous de ne pas nous laisser entraîner vers eux. L'identité nationale est une recherche du rassemblement unitaire dans la diversité réelle des origines et des opinions des citoyens. C'est l'objectif à atteindre.

Il y a d'une part certains qui poursuivent inlassablement la pureté raciale qui a abouti au nazisme qui voulait la renaissance d'une race « aryenne »… D'autre part un multiculturalisme s'affiche avec insistance maintenant, qui permettrait de faire vivre séparément des groupes nationaux d'origine ethnique différente, perpétuant ainsi leurs cultures, restées vivantes, hors de la pression de la culture hôte.
Entre un nationalisme gaulois, racial et stupide et un multiculturalisme à l'anglo-saxonne, il existe pourtant le choix de la Révolution française qui a voulu faire de la diversité provinciale une nation et qui a choisi un destin national pour tous ceux qui s'y intégreraient ensuite.
Ce ne fut pas l'enfermement dans l'hexagone que des souverainistes voudraient instaurer face à l'Europe. Les soldats de Valmy, ceux de l'Empire, répandirent dans les autres pays les semences idéologiques qui bouleversèrent les équilibres politiques et sociaux : les principes de 1791 sont devenus universels par le fait de leur extension au-delà de nos frontières.
Nous nous situons toujours dans ce contexte, qui unifia la France et l'organisa administrativement. Nous nous réclamons toujours du besoin d'avancer dans la recherche d'une unité qui ne se limite pas à notre dimension hexagonale et qui a tempéré le jacobinisme des origines par la décentralisation maintenant possible.
C'est le 19è siècle qui mit en avant les nationalités. Mais auparavant, ce furent des communautés dans l'Empire ottoman, ou « la naçao » des juifs portugais émigrés en Amérique latine, regroupant ceux qui se réclamaient d'une langue, d'une religion, d'une origine commune, pour vivre entre eux, à part, dans un équilibre instable de soumission à l'autorité politique et d'autonomie tolérée dans le fonctionnement interne des communautés regroupées. Partout ce furent longtemps des quartiers particuliers, des ghettos, des « carrièros », qui ne préservaient pas des réactions impulsives de ceux qui pouvaient devenir jaloux de leur prospérité en cas de crise. Partout, des exemples de ces violences ont eu cours avec des dénominations particulières selon les lieux.
Les autorités du pays hôtes étaient dispensées d'intervenir, les « chefs locaux communautaires » assurant l'ordre, recueillant les impôts dont ils étaient garants de leur perception. Cela permettait de maintenir la tolérance administrative pour le plus grand bien des riches de la communauté. Cela avait un poids certain d'impôts particuliers, mais cela laissait la possibilité de vivre selon la tradition et d'éviter de se fondre dans la population environnante dont on se distinguait y compris par les habits, parfois imposés.
Ceci ne correspond plus à la vie en Europe au 21è siècle. Il n'est pas concevable de faire chez nous des quartiers de non-droit où s'exercerait l'autorité de « caïds » séculiers ou religieux.
Ce serait une résurgence de la féodalité, avec des féaux soumis à des suzerains locaux. La paix de l'ensemble ne peut dépendre des pouvoirs donnés aux chefs communautaires. Les membres de ces communautés tolérées deviendraient ainsi des sous-citoyens... En Tunisie, au Maroc, il y avait « l'amman » du rabbinat, renouvelé à chaque fête officielle, adressé aux Bey, au Sultan, en signe de dépendance : s'ils participaient à la vie du pays, les juifs n'étaient pas membres à part entière de la communauté nationale musulmane.
En Algérie, les séparations étaient tranchées entre les indigènes et les autres, avec des représentations politiques différentes et des administrations de la justice séparées. Egalement au Maroc, malgré des traditions plus marquées dans le sultanat. En Tunisie, les quartiers juifs et musulmans étaient différents. A Tunis, les Français avant l'indépendance n'étaient pas dans les mêmes quartiers que les italiens et la Petite Italie ne se confondait pas avec la Petite Sicile…
C'étaient des justices différentes selon la religion, une cohabitation dans la vie quotidienne mais une stricte séparation, chacun chez soi !... Fréquentation sociale épisodique avec des invitations fréquentes pour des fêtes, mais séparation des familles et décantation sociale avec des gradations et une hiérarchie qui dépendait des origines… Après l'indépendance, j'ai connu les restes de cela à Tunis dans une période où ces barrières étaient moindres, mais pas encore entièrement abolies.
Le rêve de l'Algérie française était devenu utopique aussi pour moi bien avant 1958 car les lois françaises ne s'appliquaient en Algérie qu'en partie et l'on n'avait pas la moindre chance de faire vivre alors ce qui avait toujours été refusé depuis plus d'un siècle de présence dans ce pays.
Dans l'étude qu'Emmanuel Todd publia en 1994 sur « Le destin des immigrés » (Ed. Seuil. L'histoire immédiate), il remarque qu'en Algérie, entre 1830 et 1954, l'intermariage est fréquent entre Français et Espagnols, entre Arabes et Kabyles. Il est presque inconcevable entre européens et musulmans : « nettement inférieur à 1 % pendant la colonisation … comparable à celui qui sépare les noirs des blancs aux Etats Unis vers 1970… deux populations coexistent sans échanger des conjoints ».
Au moment où l'on constate actuellement l'effet ghetto dans certains quartiers de banlieue, avec les conséquences que cela entraîne pour l'emploi des jeunes et ses effets identitaires négatifs, il est paradoxal que certains intellectuels se donnent pour idéal cette organisation multiculturelle de la société inspirée par le passé colonial pour développer la cohabitation.
Dans l'Europe de l'Est, il existe un éparpillement de foyers ethniques, dans des pays dont l'unité n'est pas évidente, avec des frontières qui n'ont pas pu assembler ceux qui vivaient des cultures différentes dans l'Empire austro-hongrois démantelé en 1918. La ex-Yougoslavie nous a donné un exemple récent des violences que cela a entraînées. L'Afrique postcoloniale avec ses frontières arbitraires héritées du passé colonial a aussi du mal à maintenir une cohabitation qui veut maintenir les particularités et garder les structures tribales au détriment de l'unification qui serait facteur de rassemblement.
Il est évident que je ne peux adhérer au multiculturalisme qui n'est qu'une forme de communautarisme, qui voudrait faire revivre les nationalismes exacerbés du 19è siècle dans un contexte qui a beaucoup changé depuis.
Sur les EE. UU., Emmanuel Todd remarque par ailleurs l'effacement des différences ethniques objectives, qui se résument à des stéréotypes ou à des habitudes alimentaires seulement, avec assimilation complète en deux ou trois générations. Je ne peux résumer en quelques lignes son étude riche, nuancée et détaillée que je recommande à ceux qui veulent s'informer des solutions employées dans notre hémisphère occidental…
L'humanité s'est depuis très longtemps développée avec des métissages constants. Les vicissitudes historiques ont entraîné des migrations allogènes qui se sont assimilées dans les territoires concernés en fusionnant avec les peuples indigènes. Avec les développements des échanges et la mondialisation qui s'accélère, ce métissage devient de plus en plus fréquent.
Mais le métissage n'a jamais été que physique : il a depuis des siècles été surtout un métissage culturel et il devient de plus en plus culturel aussi.
Il faut du réalisme. Ce qui est vivant se transforme et ne peut rester figé que s'il meurt. Ce qui est vivant réagit à son environnement et évolue par rapport à ce qui l'entoure. Une population immigrée se dissout à la longue dans la société d'accueil. Cela ne signifie pas qu'elle n'influence pas cette société et quelle n'apporte rien. Il y a osmose entre les deux. Les ghettos sont artificiels et deviennent impossibles à maintenir trop longtemps, même à l'aide de la force…Dans le passé, les ghettos n'étaient pas imperméables : ils étaient influencés et ils influençaient autour.
Je ne peux pas croire que l'on veuille instaurer des quartiers zones étrangères dans un pays, pensant qu'ils restent étanches maintenant et qu'il n'y aura pas d'influence réciproque. Ne voit-on pas la méfiance qui ne manquera pas de s'installer entre des populations riveraines -donc rivales- tout en étant séparées ? Ne voit-on pas les oppositions qui ne manqueront pas de se créer, les comparaisons de niveaux de vie et les haines de voisinage qui se manifesteront ? Dans les dernières décennies, on a vécu à Londres quelques épisodes qui étaient éclairants à cet égard… Ne les ignorons pas!
L'affirmation d'une culture étrangère, même considérée sympathique et intéressante en soi ailleurs, si elle semble s'imposer au détriment de la sienne propre provoque toujours une réaction de rejet. Des politiques extrêmes utilisent cette réaction et l'instrumentalisent à leur profit, mais il ne faut pas se contenter de nier cette évidence pour la rendre inexistante.
Il faut une sphère privée pour garantir la liberté individuelle de conserver sa culture propre, ses croyances, ses préférences. Mais avec une participation à un choix commun de vie sociale, à une unité nationale, qui permettent la coexistence de toutes les diversités libres de s'exprimer individuellement mais sans qu'elles imposent aux autres leur monopole.
Il est évident que le cadre public sera celui de la culture dominante, qui ne sera pas unique. Ce ne sont pas ceux qui sont minoritaires qui imposeront la leur sauf que ce soient des envahisseurs qui l'imposent par la force !... Mais cela n'étouffera pas les autres si la sphère publique des institutions reste neutre et « tolérante » à tous.
Je suis en train de faire l'éloge de la laïcité !... Bizarre !... Vous avez dit bizarre ?...Raymond BELTRAN
Le 16 mars 2010

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